Lettre ouverte aux Gagnacais
Après plusieurs mois de silence de la part de notre Association de Défense des Copropriétaires du Parc du Capitoul afin ne pas interférer avec d’éventuelles négociations avec la mairie, concernant le passage privé de notre copropriété pour accéder au château, nous revenons vers vous pour vous informer des décisions de la municipalité.
En Décembre 2009, lors de l’Assemblée Générale des résidents du Parc du Capitoul, et suite à l’hypothétique compromis proposé par la mairie, le vote des copropriétaires qui s’est exprimé est un refus à la cession de notre voie privée pour un passage dans le domaine public.
Ce rejet très contesté par le maire, reflète pourtant les votes de plusieurs propriétaires conscients de l’aberration du projet d’installation de l’Hôtel de Ville dans le château. Les méthodes peu scrupuleuses (lettres d’intimidation, pressions, contradictions…) employées par la mairie ont choqué et déstabilisé une partie des résidents, mais tous les propriétaires sont d’accord sur un point : la décentralisation de la mairie pour l’établir dans une propriété privée, aux limites de notre commune, afin de satisfaire le confort d’une poignée d’élus, dénote un manque total de respect envers les administrés Gagnacais qui d’ailleurs n’ont jamais été consultés sur ce projet.
Lors du dernier conseil municipal en date du 13 avril 2010, une procédure de lancement de Déclaration d’Utilité Publique (D.U.P), préalable à une procédure d’expropriation de la voie privée de la copropriété, a été votée. Cette décision est loin d’avoir fait l’unanimité au sein des élus.
Une nouvelle mairie de 600 m2 pour qui ?
Pour une poignée d’élus obnubilés par cette idée et seulement cinq employés municipaux y travaillant au quotidien.
Une nouvelle mairie de 600 m2 pour quoi ?
Pour satisfaire l’égo et la mégalomanie de quelques élus dont les compétences sont de plus en plus diminuées suite à l’intégration de Gagnac dans la communauté urbaine de Toulouse. Les membres élus de notre municipalité sont eux-mêmes divisés sur ce projet, voire pour certains totalement hostiles. En effet, bien d’autres réalisations plus en adéquation avec l’intérêt général et les attentes des Gagnacais restent en suspens, sans doute parce que moins « honorifiques » ? Qu’en est-il de la restauration de la voirie communale, de la création immédiate d’une véritable crèche à l’échelle de ce qu’est déjà la commune et de ce qu’elle va devenir, des aides pour les foyers en difficulté, d’un éclairage public équitable dans chaque quartier, etc. Pourquoi notre commune devrait-elle avoir des ambitions au-delà du raisonnable et des simples besoins de ses habitants ? Tous les Gagnacais sont-ils si riches, pour accepter de payer des structures, dans le seul but d’un « faire valoir » ?
Une nouvelle mairie de 600 m2 à quel coût ?
Nous sommes au niveau communal, dans une phase de transition et l’incertitude quant à l’attribution des dotations de l’état incite à la plus grande prudence dans les investissements à venir, et exige une gestion très rigoureuse des priorités. Nous avons tous pu constater récemment que la taxe d’habitation et la taxe foncière ont augmenté à Gagnac contrairement à ce que la municipalité avait annoncé. La délocalisation de la mairie au château, son coût d’achat, son fonctionnement, et l’entretien d'un tel édifice loin d'être adapté, seront bel et bien payés par tous les contribuables Gagnacais. Il en coûte à tous 481 500 € rien que pour l’achat :
- 240 750 € par la commune,
- 240 750 € par le Conseil Général (subvention)
Dans les deux cas cet argent vient de nos impôts locaux. Annoncer, comme le fait la municipalité, que cet achat est autofinancé (sans emprunt) ne signifie en rien que le château ne coûte rien. En effet cette dépense aurait pu aller ailleurs, c’est ce qu’on appelle des choix politiques. Le coût de la rénovation et de la mise aux normes reste un mystère, mais attention à l’addition !
Le maire, premier magistrat de tous les habitants de la commune, n’a-t-il pas pour rôle de rassembler, de veiller au bien-être de tous avec humilité et d’effectuer des choix judicieux en évitant tout gaspillage ?
Dans le cadre du projet avancé par la municipalité, outre l’hôtel de ville dans le château, l’aménagement du parc avec les parkings, il est envisagé la mise en place d’un programme de logements avec mixité sociale. S’il est vrai que des logements sociaux semblent être une bonne initiative, défigurer le parc du château semble être une perspective des plus originale pour « soi-disant » préserver ce patrimoine historique ! Pouvons nous parler de cohérence au regard d’un tel projet ? D’ailleurs l’argument qui consiste à dire que ce château entre dans le patrimoine communal est tout aussi fantaisiste. Personne n’avait l’intention de démolir cet édifice, et le patrimoine français est lui-même composé de 45 000 châteaux dont les trois quart sont privés, et alors ?
Cette attitude de mépris et de mauvaise foi évidente à l’égard des concitoyens, se doit d’être connue de tous. Chacun en son âme et conscience, en tirera les leçons qui s’imposent, à la connaissance des faits.
GAGNACAIS, mobilisons-nous, contre l’obstination du maire, contre l’abus de pouvoir, contre l’utilisation laxiste des deniers publics et l’absence de démocratie dans la gestion des décisions et des projets de notre commune ! Quoi qu’en dise le maire, il passe en force pour imposer sa décision en expropriant 42 familles de Gagnac, et si ce préjudice vous touchait personnellement, qu’en diriez-vous ?